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Je suis seul. Seul au milieu d'un paysage bleu et blanc, fluide et mousseux... Je sens le vent qui souffle tout autour de moi, et je le fais mien. C'est moi qui l'emporte, qui l'utilise pour aller encore plus haut, encore plus vite, plus loin. Je me détends et me laisse bercer, c'est si bon d'être ainsi... Mes yeux dorés détectent un autre de mes semblables, seul lui aussi. Il semble si frêle, si apeuré, son plumage est terne, ses plumes effilochées... Il descend lentement, le battement de ses ailes se ralenti considérablement. C'est normal, il traverse un de ces épais nuages gris, si nombreux désormais, mais qui sont si désagréables, qui troublent la vue, qui perturbent la respiration... Des nuages de morts... Combien de ces corbeaux majestueux n'ont pas survécu car leur voyage s'éternisait ? Combien ont étés décimés lors de leur traversée ?
Une larme légère perle au coin d'un de mes yeux dorés, et se laisse flotter au grès du vent, dans une longue descente vers le monde d'en bas... Le monde d'en bas... Ce monde qui est désormais aussi frêle et malade que notre lourd ciel gris. Tout était si coloré et vivant, lorsque nous descendions voleter aux dessus des étangs, où nous observions notre réflexion dansante... Désormais, tout est oppressant, triste et terne. Les doux rayons du soleil peinent à illuminer leur terre, les océans sont gris, vidés de toutes vie. Les « Pieds-Au-Sol » connaissent une désolation semblable à la nôtre, leur nombre diminue de jour en jour. Ce n'est plus la vie qui anime le monde d'en bas, c'est la survie.
Je me sais incapable d'améliorer notre situation, ni la leur. Je ne suis qu'un fantôme, un souvenir du temps où régnaient majesté et grâce, et j'observe, le c½ur aussi lourd que ce monde est oppressant... Je lance un dernier regard à ce monde destiné à disparaître, et m'envole vers d'autres contrées, d'autres cieux ; dans un dernier battement d'aile...
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